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Domaines d’outre-mer (.re, .pm, .tf, .wf, .yt) : qui peut les enregistrer

Les extensions nationales de La Réunion, de Saint-Pierre-et-Miquelon, des Terres australes et antarctiques françaises, de Wallis-et-Futuna et de Mayotte suivent la même Charte de nommage de l’Afnic que le .fr. Qui peut les enregistrer, ce qui les distingue du .fr, et comment les enregistrer depuis un pays situé hors de l’Union européenne, de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse.

Domaines d’outre-mer (.re, .pm, .tf, .wf, .yt) : qui peut les enregistrer

Les domaines d’outre-mer .re, .pm, .tf, .wf et .yt sont les extensions nationales de premier niveau de La Réunion, de Saint-Pierre-et-Miquelon, des Terres australes et antarctiques françaises, de Wallis-et-Futuna et de Mayotte ; l’Afnic, le registre du .fr, les gère selon la même Charte de nommage que le .fr, qui les ouvre aux personnes physiques résidant, et aux organisations ayant leur siège social ou leur établissement principal, dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse.

Chacun de ces cinq territoires a sa propre extension à deux lettres, mais aucun n’a son propre règlement. Un même document, la Charte de nommage de l’Afnic, détermine qui peut détenir un .re ou un .yt et qui peut détenir un .fr. Ce guide expose cette règle telle que l’Afnic la rédige, les quelques points sur lesquels les extensions d’outre-mer diffèrent du .fr, et ce que peut faire un titulaire situé hors de l’Union européenne, de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse. Chaque indication sur l’éligibilité qui suit se fonde sur la version de la Charte du 6 juillet 2026, en vigueur lors de la rédaction de ce guide.

Cinq territoires, un seul registre

L’article 1.1 de la Charte de nommage énumère les extensions qu’elle couvre : .fr pour la France métropolitaine et la Corse, .re pour La Réunion, .yt pour Mayotte, .pm pour Saint-Pierre-et-Miquelon, .wf pour Wallis-et-Futuna et .tf pour les Terres australes et antarctiques françaises. Les pages de l’Afnic retracent l’historique de chacune :

ExtensionTerritoireOcéanOuverte à l’enregistrement
.reLa Réunionocéan Indiendepuis juillet 2001
.ytMayotteocéan Indiendepuis décembre 2011
.tfTerres australes et antarctiques françaisesocéan Indiendepuis 2004
.pmSaint-Pierre-et-Miquelonocéan Atlantiquedepuis décembre 2011
.wfWallis-et-Futunaocéan Pacifiquedepuis décembre 2011

L’Afnic a été désignée office d’enregistrement de ces extensions par deux arrêtés ministériels du 22 juin 2026, publiés au Journal officiel du 26 juin 2026, l’un portant sur le .re et le .tf (avec le .mq, le .gp et le .gf), l’autre sur le .yt, le .pm et le .wf, et la concession de service public de chacune d’elles a été attribuée à l’Afnic en juin 2026. L’enregistrement passe exclusivement par des registrars accrédités par l’Afnic : l’article 3.1 de la Charte précise que l’Afnic n’agit pas en tant que registrar, si bien qu’une demande ne peut jamais lui être adressée directement.

Qui peut enregistrer un domaine d’outre-mer

L’article 5.1 de la Charte de nommage fixe la règle d’éligibilité, et celle-ci est la même pour toutes les extensions que la Charte couvre. Il prévoit que l’enregistrement ou le renouvellement d’un nom de domaine peut être demandé par toute personne physique résidant, et par toute personne morale ayant son siège social ou son établissement principal, dans l’un des États membres de l’Union européenne, ou dans l’un des pays suivants : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège ou la Suisse. La version française, qui fait foi en cas de difficulté d’interprétation (article 9.2), énonce la même règle et précise qu’elle s’applique dans chacun des domaines de premier niveau.

Trois conséquences découlent directement de ce texte :

  • La résidence, et non la nationalité. Une personne physique remplit la condition en vivant dans l’un de ces pays. Un citoyen français qui vit au Canada ne satisfait pas à la règle ; un citoyen portugais qui vit en Belgique y satisfait.
  • Le siège social ou l’établissement principal pour les organisations. Une société, une association ou toute autre personne morale remplit la condition par le lieu de son siège social ou de son établissement principal. Une société dont le siège social se trouve en Italie peut détenir un .re ; une société dont le siège social se trouve à Singapour et qui n’a pas d’établissement principal dans l’un de ces pays ne le peut pas.
  • Aucun lien avec le territoire lui-même. La règle n’exige pas que le titulaire d’un .yt se trouve à Mayotte, ni que le titulaire d’un .pm se trouve à Saint-Pierre-et-Miquelon. Tout titulaire éligible situé dans l’espace européen décrit ci-dessus peut enregistrer n’importe laquelle des cinq extensions.

La Charte ajoute deux obligations qui s’appliquent à tout titulaire. Le titulaire et le contact administratif doivent être joignables : tous deux doivent fournir, et maintenir en état de fonctionnement, un numéro de téléphone et une adresse e-mail, ainsi que des informations exactes permettant d’établir leur identité, tenues à jour par l’intermédiaire de leur registrar tant que le domaine est actif (article 5.1). Le titulaire doit en outre désigner un contact administratif et un contact technique lors de sa demande, et les conserver pendant toute la vie du domaine (article 5.2). Le contact administratif peut être le titulaire ou un tiers, y compris le registrar, mais les mêmes règles d’éligibilité s’appliquent à lui qu’au titulaire.

Les domaines d’outre-mer comparés au .fr

Comme la même Charte régit les six extensions, la plupart des règles sont identiques. Les différences sont peu nombreuses, et elles sont écrites dans la Charte elle-même :

Règle.fr.re.pm et .yt.tf et .wf
Qui peut enregistrer (article 5.1)Résidents et organisations de l’UE, de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège, de la SuisseMême règleMême règleMême règle
Noms d’un ou deux caractères (article 2.2, point 21)Absents de la liste des exclusionsNon autorisésNon autorisésNon autorisés
Zones fermées le 15 mars 2013 (article 2.7, point 43)tm.fr, asso.fr et com.fr : noms existants maintenusasso.re et com.re : noms existants maintenusAucune zone nomméeAucune zone nommée ; selon le point 45, comme dans les zones fermées (point 44), seules les opérations conformes à la Charte sont acceptées et seules les opérations de qualification portant sur la joignabilité et l’existence du titulaire sont effectuées
Durée de validité (article 2.8)D’un à dix ansIdentiqueIdentiqueIdentique
Diffusion restreinte pour les personnes physiques (article 8.4)Par défautIdentiqueIdentiqueIdentique
Résolution des litiges (article 7.2)Syreli et PARL EXPERTIdentiqueIdentiqueIdentique

Deux de ces différences méritent qu’on s’y arrête. D’abord, l’article 2.2 exclut les noms d’un et de deux caractères alphanumériques pour le .pm, le .re, le .tf, le .wf et le .yt. Un nom comme ab.re ne peut pas être enregistré, quel que soit le titulaire. Ensuite, l’article 2.7, points 43 à 45, traite des zones fermées à l’enregistrement le 15 mars 2013 (tm.fr, asso.fr, asso.re, com.fr et com.re). Les noms de domaine déjà enregistrés dans ces zones sont maintenus, mais seules les opérations conformes à la Charte sont acceptées, et seules les opérations de qualification portant sur la joignabilité et l’existence du titulaire sont effectuées. Le point 45 précise qu’il en va de même pour les noms de domaine enregistrés sous le .tf et le .wf.

Les autres règles de la Charte s’appliquent de la même façon aux six extensions. Les demandes sont traitées selon la règle du premier arrivé, premier servi (article 2.3). Certains noms sont soumis à un examen préalable, et l’Afnic en tient la liste sur son site (article 2.4). Les termes réservés de l’Afnic ne peuvent pas être enregistrés (article 2.6), pas plus que des noms comme re.fr, pm.fr, yt.fr, tf.fr ou wf.fr. Lorsqu’une personne physique enregistre un domaine, l’option de diffusion restreinte s’applique par défaut : aucune donnée personnelle n’est publiée dans la base Whois, seulement des informations techniques (article 8.4).

Comment l’Afnic contrôle l’éligibilité

L’Afnic n’examine pas les demandes avant l’enregistrement, sauf pour les termes soumis à examen préalable (article 3.1). Les déclarations du titulaire fondent l’enregistrement, sous sa responsabilité (article 5.3). L’Afnic peut toutefois contrôler l’éligibilité et la joignabilité a posteriori. Pour le .tf et le .wf, les points 44 et 45 de l’article 2.7 limitent les opérations de qualification à la joignabilité et à l’existence du titulaire. L’article 3.2 décrit une procédure de qualification composée de deux processus distincts : un processus de vérification, sans effet sur le portefeuille du titulaire, et un processus de justification, au cours duquel le titulaire doit fournir des pièces justificatives. Une justification peut être engagée à l’initiative de l’Afnic, à la suite d’une vérification non concluante ou à la suite d’une plainte étayée d’un tiers. Lorsque les justificatifs ne sont pas fournis, la Charte prévoit la suspension, puis le blocage, puis la suppression du portefeuille du titulaire, et la situation peut être régularisée à tout moment par l’envoi des justificatifs.

Concrètement, un titulaire qui ne peut pas démontrer, à l’issue d’une justification, qu’il satisfait à la règle de l’article 5.1 peut perdre non seulement le domaine en cause, mais aussi tout son portefeuille (article 3.2), que le Guide des procédures de l’Afnic définit comme l’ensemble des noms de domaine du titulaire identifié par son nic-handle. Satisfaire à la règle d’éligibilité est une condition qui vaut pendant toute la durée de détention du domaine, et pas seulement le jour de l’enregistrement.

Et la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ?

Les autres territoires français d’outre-mer se trouvent dans des situations différentes. Selon l’Afnic, le .gp (Guadeloupe), le .gf (Guyane) et le .mq (Martinique) étaient délégués à un fournisseur d’accès à Internet jusqu’en 2026 ; leur concession de service public a été attribuée à l’Afnic en juin 2026, avec une transition technique et juridique avant la fin de 2026. Le chapitre 10 de la Charte de nommage fixe des règles transitoires pour ces trois extensions : une fois leur gestion transférée sur l’infrastructure de l’Afnic, aucun nouveau nom d’un ou deux caractères ne sera enregistré et aucun nouveau nom ne sera admis sous leurs zones de nommage existantes, tandis que les titulaires de noms déjà enregistrés pourront continuer à les utiliser et à les renouveler. Cette période transitoire prend fin au plus tard le 30 septembre 2027. La Nouvelle-Calédonie (.nc) est gérée par son Office des Postes et Télécommunications (OPT), et l’IANA indique que le gouvernement de la Polynésie française est le gestionnaire du .pf. Les codes .bl (Saint-Barthélemy) et .mf (Saint-Martin), créés en 2007, ne sont pas délégués.

Enregistrer un domaine d’outre-mer depuis un pays non éligible

Un titulaire qui ne réside pas, ou n’a pas son siège social ou son établissement principal, dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse ne satisfait pas à l’article 5.1, qui s’applique au titulaire lui-même, et la désignation d’un contact administratif éligible (article 5.2) n’y change rien. L’enregistrement nécessite alors un titulaire qui y satisfait. C’est le rôle d’un service de présence locale, qui peut intervenir comme titulaire inscrit auprès du registre lorsque les règles de celui-ci l’exigent. Le tableau ci-dessous indique, pour le .fr et les cinq extensions d’outre-mer, la condition telle que nos pages d’extension la formulent et si Domgate fournit une présence locale pour chacune. Il est construit à partir de nos pages d’extension et évolue avec elles.

Les extensions de ce guide (6) : ce que demande le registre, et ce que fournit Domgate.
ExtensionPaysCondition du registrePrésence locale de Domgate
.frFranceOui (États membres de l'Union européenne, ou Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse)Fournie par Domgate
.reLa RéunionOuiFournie par Domgate
.pmSaint-Pierre-et-MiquelonOuiFournie par Domgate
.tfTerres australes et antarctiques françaisesOui si vous ne résidez pas dans l'Union européenneFournie par Domgate
.wfWallis-et-FutunaOuiFournie par Domgate
.ytMayotteOuiFournie par Domgate

Liste vérifiée le 13 octobre 2026. Les lignes proviennent de nos pages d'extension et évoluent avec elles.

Lorsque le tableau indique Fournie par Domgate, la présence locale se commande avec le domaine sur la page de l’extension ; lorsqu’il indique Fournie sur demande, notre page Présence locale explique comment la demander. Dans les deux cas, un accord écrit établit que le domaine est enregistré pour vous ou pour votre client, qui en conserve l’usage et le droit de se le faire transférer. Une présence locale ne change pas les règles du registre : un terme figurant sur la liste d’examen préalable nécessite toujours l’autorisation de l’Afnic (article 2.4), et le titulaire et le contact administratif doivent rester joignables (article 5.1).

Un titulaire déjà établi dans un pays éligible (Union européenne, Islande, Liechtenstein, Norvège ou Suisse) n’a pas besoin de présence locale : une société dont le siège social se trouve en Espagne ou une personne physique résidant en Suisse peut enregistrer n’importe laquelle des cinq extensions par l’intermédiaire d’un registrar accrédité par l’Afnic pour cette extension (article 4.2), selon la même règle d’éligibilité que pour un .fr.

Questions fréquentes

Faut-il habiter à La Réunion pour enregistrer un domaine .re ?

Non. L’article 5.1 de la Charte de nommage de l’Afnic exige une résidence, ou un siège social ou un établissement principal, dans un État membre de l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Un titulaire situé n’importe où dans cet espace peut enregistrer un .re, et il en va de même pour le .pm, le .tf, le .wf et le .yt.

Une société américaine peut-elle enregistrer un .yt ou un .pm ?

Pas en son propre nom, sauf si elle a son siège social ou son établissement principal dans l’un des pays éligibles. Sinon, l’enregistrement nécessite une présence locale : le tableau ci-dessus indique si Domgate en fournit une pour chaque extension.

Pourquoi ne puis-je pas enregistrer un nom de deux lettres en .re ?

L’article 2.2 de la Charte de nommage, point 21, n’autorise pas l’enregistrement de noms de domaine d’un et de deux caractères alphanumériques sous le .pm, le .re, le .tf, le .wf et le .yt. La règle s’applique à tout demandeur.

Quelle version des règles s’applique à mon enregistrement ?

La version de la Charte de nommage publiée sur le site de l’Afnic comme étant en vigueur à la date à laquelle l’Afnic reçoit la demande (article 1.3). Une nouvelle version s’applique immédiatement aux nouveaux noms de domaine, et aux noms existants lorsqu’une opération administrative est demandée ou lors de leur renouvellement. La Charte est rédigée en français et en anglais, et la version française fait foi en cas de difficulté d’interprétation (article 9.2).

Sources

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